Je me souviens d’avoir été témoin de cette scène de kidnapping. Elle n’a pas été relayée dans la presse, mais cela s’est bel et bien produit, en Haïti.

Haïti

Cependant, je ne me rappelle pas précisément la date à laquelle cela s’est produit, mais c’était à Delmas. Une jeune femme a été soudainement happée et (en) traînée par une corde, se retrouvant violemment bâillonnée et coincée sous le capot arrière d’un véhicule.

Il était environ huit heures. Ce soir-là, elle avait échappé de justesse à cette tentative d’enlèvement. Les ravisseurs, incapables de lui réserver une place dans le coffre où des otages étaient déjà séquestrés, avaient décidé de libérer leur encombrante proie.

Tout cela s’était déroulé loin des feux de la rampe médiatique. Cela témoigne du fait que les ravisseurs n’ont pas chômé, poursuivant leurs activités sans relâche. 

Hier, un collègue journaliste bien connu du nom d’Evens Nelson m’a fait part d’une information troublante : un homme avait été enlevé lundi soir dans le quartier de Bourdon, situé dans la partie Est de Port-au-Prince, alors qu’il rentrait chez lui. Cet incident est loin d’être isolé, car de nombreux autres cas d’enlèvements m’ont été signalés au cours de cette semaine.

L’indice d’insécurité ne se mesure pas en fonction du tumulte médiatique. Parfois, je me questionne sur la raison pour laquelle on en parle dans les médias, de la façon dont cela est fait. Il m’est souvent arrivé de soupçonner une forme de communication anxiogène dans les médias haïtiens. Il semble que la presse haïtienne cherche peut-être, à son insu, à instiller la peur, déclarant plus de cas d’enlèvements qu’il n’en existe réellement.

Pourquoi aujourd’hui n’entend-on plus parler de kidnappings dans la presse alors que des enlèvements se produisent quasiment chaque jour ?

Serait-il possible aussi qu’il existe une cellule clandestine habile à manipuler les leaders d’opinion pour semer, par moments, une psychose de peur en créant un sentiment d’insécurité fictif, alors même que de véritables cas d’enlèvements existent ? Il est bien connu que les bourreaux cherchent souvent à réduire au silence leurs victimes.

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Cela m’a toujours profondément choqué d’entendre les parents des victimes appeler les ravisseurs « papa » ou « commandant » dans les médias, les suppliant de libérer les otages. Ne revient-il pas à l’État, en tant qu’organe répressif, d’assumer ses responsabilités ? La victime libérée, traumatisée, ne peut en aucun cas considérer ses bourreaux comme des libérateurs.

Aujourd’hui, en attendant que la Police nationale d’Haïti (PNH) apprenne à assurer sa propre protection afin de mieux nous servir, il est nécessaire de commencer à développer des moyens de secours et de solidarité. Sinon, « nous périrons tous ».

Robenson D’Haiti
Journaliste Professionnel
www.robensondhaiti.com

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